L'ornithorynque est-il venimeux ?


Vous aussi vous vous demandez si l'ornithorynque est venimeux ? La réponse est oui, l'ornithorynque est venimeux. Au nom scientifique Ornithorhynchus anatinus, ce sont des animaux curieux qui représentent la transition entre les ovipares et les mammifères vivipares, car ce sont des mammifères qui pondent des œufs. Ce jeu d'équilibriste entre ces deux types d'animaux font des ornithorynques des animaux extrêmement intéressants à étudier.
En plus, physiquement ils ressemblent à un mélange de loutre et d'un canard. De fait, génétiquement ils sont très proches des reptiles, ce qui explique leurs caractéristiques aussi étranges qu'uniques. Sur cette petite fiche informative sur les ornithorynques, on va voir ensemble qu'ils sont venimeux, mais... pourquoi le sont-ils ? comment fonctionne son venin ? C'est bien ce que nous allons voir ci-dessous ! Bonne lecture !
L'ornithorynque est-il venimeux ?
L'ornithorynque est venimeux, mais seul le mâle l'est. Ceci est dû au fait que le mâle et la femelle ont des éperons connectés à des glandes de venin, mais chez les femelles ces éperons ne sont présents que durant la première année de leur vie.
La question du venin chez l'ornithorynque vient du fait que c'est un mammifère et que ce groupe d'animaux n'a normalement pas de glandes à venin. L'ornithorynque est donc l'un des rares mammifères venimeux existant dans la nature. Les nycticèbes (Nycticebus spp.), les musaraignes, la Condylure étoilé (Condylura cristata) et l'Almiqui paradoxal (Solenodon paradoxus) sont d'autres mammifères venimeux. L'échidné est étroitement lié à l'ornithorynque, car tous deux sont des monotrèmes. Cependant, bien que l'échidné ait également un éperon, il ne produit pas de venin. Il peut faire du mal avec, mais ne peut pas injecter du venin.

Pourquoi les ornithorynques ont-ils du venin ?
La raison biologique pour laquelle l'ornithorynque est venimeux est qu'il avait besoin du venin pour se défendre contre les dinosaures et d'autres menaces potentielles dans le passé. Aujourd'hui, l'ornithorynque ne l'utilise pas comme un outil de chasse, mais il l'aide à prendre l'avantage dans son environnement.
Ils utilisent souvent leur éperon comme outil pour se déplacer et sortir de l'eau. Ils l'utilisent également pour se battre avec d'autres mâles et, de cette façon, pour éliminer la concurrence lors de la reproduction, qui est féroce, car ce sont des animaux à plusieurs partenaires (polygames). On a conclu que l'éperon venimeux est important dans le processus de reproduction, car on a observé que la production de venin augmentait à l'arrivée de la saison des amours et de la reproduction, c'est-à-dire au printemps. On peut donc dire que la principale fonction du venin de l'ornithorynque n'est pas la défense, mais la dominance reproductive.

Production du venin de l'ornithorynque
L'ornithorynque possède une structure en plusieurs parties, appelée système crural, qui se trouve à l'arrière des pattes arrière, au niveau du poignet, et qui ressemble à un doigt ou à une griffe supplémentaire. Il est semblable à l'éperon d'un coq et mesure 1,5 centimètre de long.
Le système crural se compose d'un éperon kératinisé, un matériau similaire à nos ongles ou aux griffes d'autres animaux, relié par des conduits fins à des glandes à venin en forme de rein, appelées glandes crurales et situées dans la région abdominale de l'ornithorynque. Ces glandes sont à leur tour associées aux glandes sudoripares de l'ornithorynque et sont reliées à l'éperon pour transférer le venin.
C'est par l'éperon que le venin est déversé vers l'extérieur. La technique utilisée par l'ornithorynque pour injecter le venin consiste à presser les deux pattes contre la menace, à enfoncer les éperons, à injecter le venin et à ne pas le laisser s'échapper facilement.
Le venin est complexe et se compose de :
- Peptide semblable à la défensine. Cette défensine a généralement un effet antibiotique, mais dans le cas présent, il n'a pas été constaté qu'elle agissait de la même manière.
- Peptide natriurétique de type C ayant une fonction vasodilatatrice qui détend les muscles.
- Le facteur de croissance nerveuse.
- Hyaluronidase, qui hydrolyse l'acide hyaluronique dans les tissus de la peau, également présente dans le venin de serpent.
- L-to-D peptide isomérase. C'est la première fois que ce type de peptide est trouvé chez un mammifère et il est unique à l'ornithorynque.
Le venin de l'ornithorynque est-il mortel ?
Le venin de l'ornithorynque est mortel pour les petits organismes, tels que les rongeurs, les oiseaux et même les chiens. En revanche, il n'est pas mortel pour l'homme. Les attaques sur l'homme ont été peu nombreuses, probablement en raison de leur environnement restreint en Australie et du fait que ce sont des animaux sauvages. Dans la plupart des cas, des blessures ont été constatées sur les mains ou les bras des humains.
Cependant, le venin a des effets sur l'organisme humain. Le venin de l'ornithorynque provoque un œdème, un gonflement et une douleur intolérable qui ne peut être soulagée, même avec de la morphine. Ces symptômes peuvent s'aggraver jusqu'à l'hypotension ou l'insuffisance respiratoire. Ils peuvent durer de deux semaines à plusieurs mois.
Le traitement de la piqûre nécessite une intervention médicale spécialisée. Elle ne doit pas être traitée à domicile. Le traitement comprend une anesthésie et des médicaments par voie intraveineuse.
Cependant, le venin d'ornithorynque n'a pas que des inconvénients. Il a fait l'objet d'études plus approfondies et s'est avéré utile en médecine pour traiter des maladies telles que le diabète de type 2, en fonctionnant comme une enzyme utile pour le traitement.
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- Whittington, C., & Belov, K. (2007). Platypus venom: a review. Australian Mammalogy, 29(1), 57-62.
- Torres, A. M., Tsampazi, M., Tsampazi, C., Kennett, E. C., Belov, K., Geraghty, D. P., ... & Kuchel, P. W. (2006). Mammalian L-to-D-amino-acid-residue isomerase from platypus venom. FEBS letters, 580(6), 1587-1591.
- Valledor de Lozoya, A. (1994). Envenenamientos por animales: animales venenosos y urticantes del mundo. España: Díaz de Santos.